samedi 17 octobre 2009

Hurricane drunk

Hier soir, j’ai pris la pire cuite de ma vie. Je ne sais pas vraiment comment tout ça s’est déroulé, je n’ai pas l’impression d’avoir bu tant que ça, j’avais mangé avant, mais j’ai fini très amochée, titubant dans les rues sans savoir où aller. Le pire dans l’histoire, c’est que je me souviens de tout, absolument tout. J’ai juste l’impression que le temps est passé beaucoup plus vite que d’habitude. Et j’ai eu très peur.

a) L’erreur de la fuite
Quand j’ai compris que j’avais un peu trop forcé sur la vodka, que j’allais éventuellement vomir au milieu de la pièce et m’effondrer dans un coin, j’ai eu la présence d’esprit de me dire qu’il fallait que j’aille me coucher. Or, l’erreur ultime quand on est dans l’état dans lequel j’étais hier soir (incapable de mettre un pied devant l’autre sans chanceler et de concentrer mon regard sur quelque chose sans le voir double), c’est de partir seule sans rien dire. Gros fail puisqu’en sortant, il m’était tout simplement impossible de savoir si les taxis étaient occupés ou libres, ni même d’être sûre que c’était bien des taxis.

b) L’amabilité des chauffeurs de taxis parisiens
Déjà l’autre fois, quand je suis rentrée passablement bourrée chez moi, j’ai été scandalisée de voir que des taxis libres en fin de service préféraient me laisser seule au bord de la route plutôt que de faire un détour pour me ramener saine et sauve chez moi. C’est ce qu’il s’est de nouveau passé hier. A force d’agiter le bras, un taxi s’est arrêté. Je lui dis ma destination (je serai bien montée direct si la porte n'avait pas été verrouillé), il me répond que ce n’est pas sur son chemin. Je crois bien l’avoir supplié de me prendre, mais il s’est barré comme un gros connard. Taxi : 1, Loïs : 0.

c) Les mecs, ces enculés de ta race
Il faut savoir qu’à cette fête, il y avait Candidat n°1. Après un chouette retour dans l’après-midi ("hey, j’espère que tu viens ce soir"), je m’attendais à ce qu’il y ait du péchotage. Pas qu’il essaie de m’embarquer avec son pote pour un plan à trois hyper glauque. Le mec a, dans l’ordre :
- voulu me filer les clés de son scooter pour que je rentre chez moi, très malin quand on sait que je ne tenais debout que par un miracle encore inexpliqué
- voulu me filer les clés de son scooter pour que je rentre chez lui, je cite, "chauffer le lit" en attendant qu’il arrive
Je ne parle même pas des propositions dégueulasses de son pote qui essayait de m’expliquer que j’allais forcément me faire violer si je restais là toute seule, et que par conséquent, il valait mieux que je rentre avec eux. Pour me faire violer aussi.
Comme je l’ai dit plus haut, j’étais très mal, mais j’avais une parfaite conscience de ce qu’il se passait et les ai donc envoyé se faire foutre. Je leur ai quand même demandé, un peu désespérée (froid + faim + fatigue), de me mettre dans un taxi pour rentrer chez moi, ils se sont barrés en me laissant au milieu de nulle part. Grosse classe.

d) Voir flou, un handicap sous-estimé
J’ai donc marché, sans savoir où j’allais. Puis, prise de panique ("je n’arriverai jamais à rentrer chez moi, je vais m’effondrer sur le trottoir où une bande de maffieux ukrainiens va me récupérer pour me faire entrer dans un réseau de prostitution d’Europe de l’Est"), j’ai voulu appeler mon coloc du cœur pour qu’il vienne m’aider. Sauf que je ne voyais rien sur mon portable. Ni les numéros, ni les noms. J’ai tapoté un peu au hasard, puis réussi, par un second miracle inexpliqué, à l’appeler sur son portable (éteint), puis chez nous (pas de réponse). Il a finalement rappelé – le fixe qui sonne à X heures du mat (incapable de lire l’heure), ce n’est jamais bon signe – puis m’a expliqué qu’il sautait dans un taxi pour venir me chercher. C’est là que le deuxième problème s’est présenté : impossible de lire les panneaux des rues pour lui dire où j’étais. Comme un gamin de CP, j’ai déchiffré lettre par lettre les mots, plus ou moins deviné les noms ("Rue de la Louve, ah non, rue du Louvre") et fini, à force de persuasion, par triompher. Troisième miracle inexpliqué.

e)Les pâtes au pesto et un lit, le bonheur absolu
Mon coloc, je l’ai déjà dit, c’est le meilleur coloc du monde. Parce qu’en plus d’être venu me chercher sans hésiter ni râler à 4h du mat (maintenant, je le sais, puisqu’il m’a raconté), il m’a fait boire de l’eau et manger en arrivant, puis s’est assuré que j’arrivais à me coucher sans problème. Je pense m’être endormie en 12 secondes environ, pour me réveiller 5 heures plus tard, sans gueule de bois – y’avait du GHB à cette fête ou bien ? – honteuse et encore terrifiée.

Plus jamais ça

mardi 13 octobre 2009

Sex machine

Tu sais pas comment faire pour foutre le bordel dans une ville pendant 48h ? Demande à Prince, lui il sait. Parce que Prince, il suffit qu’il passe à Paris et trouve le Grand Palais "joli" pour décider d’y organiser deux concert pour 11 000 personnes en moins d’une semaine et déclencher une émeute. Le truc, c’est que Prince, il ne s’arrête pas au Grand Palais. Trop simple. Hier, il a aussi donné un troisième concert à La Cigale pour une poignée de gens, 1500 personnes à peine (on parle de Prince les gars là), et devine quoi ? Et ben j’y étais. OUAIS J’Y ETAIS.

Je croyais avoir atteint mon taux maximum d’œstrogènes dans le sang avec The XX. HA HA. Si le chanteur des XX te fait craquer ton slip, Prince, il te le colle au plafond. Je ne sais même pas si on peut encore parler de slip en fait à ce stade là. Je crois que je devrais carrément évoquer l’état de mes ovaires, mais ça risque de devenir dégeu, je t’en dispense, copain.

D’abord, quand il est arrivé sur scène, j’ai eu les larmes aux yeux. Il faut savoir que mon tout premier CD, c’était Diamonds and Pearls. Ma mère me l’a donné quand je devais avoir 7 ou 8 ans, et je me revois encore me dandiner dans ma chambre en chantant en yaourt sur Cream (en version acoustique qui déboite ). Maintenant que je comprends le sens des paroles, je conçois que ça peut paraître un peu pervers). Pour moi, voir Prince en concert, c’est un peu l’équivalent de voir Dorothée ou Chantal Goya, mais en plus sexy. D’où le début de larmichette. Bon, je me suis retenue, j’aurais eu l’air ridicule, mais j’avoue que pendant les trois premières chansons, j’ai vu mon enfance repasser en accéléré dans ma tête. Séquence émotion.

Après, c’est monté d’un cran. Prince : 1m55 de phéromones. 1m55 d’appel au sexe et à la partouze générale. Tu vois où je veux en venir ? Hier soir, j’ai enfin compris ce que ça voulait dire "faire l’amour à sa guitare" (le son est pourri, mais c'est juste pour te prouver que je ne mens pas). Prince, sa guitare, sa putain de Telecaster qui coûte un bras, il la baise littéralement. C’est plus des notes, c’est des gémissements de plaisir (à noter au passage que si l’expression "poser son solo de guitare" venait à être illustrer dans le dico, ce serait par une photo de Prince). Je ne te parle même pas de sa voix – qu’il chante ou qu’il parle d’ailleurs – ni des petits cris qu’il pousse par moment, ce serait indécent.

Je pense que ce type peut être habillé n’importe comment (il l’est un peu), chanter n’importe quoi et avoir une vielle dans les mains à la place d’une guitare, il sera toujours, toute sa vie, un appel au viol. Visualisons ensemble ce sourire en coin de coquinou (agrandis la photo sinon, tu ne verras rien). T’as compris ? Alors quand en plus le mec te chante toutes les chansons les plus chaud cacao du monde (il n’a chanté ni Kiss, ni Cream ceci dit, DRAME), bah tu perds un peu le contrôle. Je crois que j’aurais pu me déboîter la hanche si j’avais continué à danser plus longtemps.

Parce que quand Prince donne un concert, il n’y va pas de main morte. Ce que je ne t’ai pas encore dit, c’est que du haut de ses 50 piges (ouais ouais), le mec a quand même joué presque 3 heures. 3 HEURES. 6 RAPPELS. Bim, prends ça dans les dents. Mes jambes ne me portaient même plus à la fin. J’ai fini à peu près dans le même état que si je venais de passer sous la douche toute habillée. Et ça n’a clairement pas calmé mon état de détresse hormonale. Sachant que Candidat n°1 à l’air de ne pas vouloir se bouger la nouille et que Candidat n°2 me casse les couilles, ça ne va pas arranger mes affaires. On devrait toujours avoir quelqu’un sous la main pour niquer quand on enchaîne deux concerts comme ceux que j’ai vu cette semaine. Help needed.

dimanche 11 octobre 2009

Fantasy

Avant-hier, j’étais au concert de The XX (mais si, je t'en ai déjà parlé). Autant te le dire tout de suite, j’ai craqué mon slip. Musicalement parlant, c’est d’la bombe bébé. L’album m’a légèrement obsédée depuis que je l’ai mais j’avais très peur de me faire chier en live. D’une, je n’ai pas vu le concert passer – ce qui est plutôt bon signe. De deux, j’ai dû pas mal me contrôler pour ne pas bondir sur scène et offrir mon corps au chanteur dans la seconde. Je t’explique.

The XX, faut savoir qu’ils ressemblent à ça :




Là, tu te dis "putain, je savais pas que Loïs aimait la musique gothique ?!?". Tu te trompes mon petit, car il ne s’agit pas de musique gothico-punk chiante d’adolescent boutonneux, mais de ça :





T’es calmé ? Ouais, moi aussi ça m’a fait cet effet là la première fois.
Mais revenons à nos mouflons : le concert, le Point Ephémère, ma culotte en feu.

La raison de ma combustion spontanée de slip vient du chanteur, je ne vais pas te mentir. Sauf que le chanteur, Oliver Sim, ne rentre pas tout à fait dans mes critères de hotitude si tu te rappelles bien. Il est même carrément à côté de la plaque au premier coup d’œil – ne parlons même pas du fait que son nom de famille est celui d’un comique mort. Pas glam.

Détaillons ensemble



La coupe de cheveux rasée sur le côté/mèche repliée en arrière à grand renfort de gel à base de colle Pattex peut être à la limite prise pour une simple erreur de jeunesse. On a tous eu une période craignos niveau cheveux. Moi c’était les macarons princesse Leia. Hmm… passons.
Les colliers bling-bling et les boucles d’oreilles, là par contre, c’est plus difficilement excusable. Evidemment, ça s’enlève, mais, par principe, je refuse qu’un mec porte plus de bijoux que moi. Je n’aborderai pas le délicat sujet des oreilles (un peu) décollées, c’est une question de goût très particulière.

Ce que tu ne vois pas sur cette photo, c’est qu’au Point Ephémère, Oliver, il était habillé comme ça :



OHMONDIEUUNPANTACOURT. Un pantacourt. Un truc qu’on croyait disparu en même temps que l’extinction des T.Rex et de Loana. Pire : un pantacourt slim, style caleçon Damart. L'horreur absolue dans la longue liste des vêtements importables - la seule personne au monde capable d'en porter sans avoir l'air complètement con étant Pharrell Williams.

Il avait aussi un col roulé, mais ça, à la limite, ça passe presque inaperçu face au pantacourt slim + chaussettes + basket un peu montantes.

Je sens venir ta conclusion : un mec en pantacourt, c’est pas sexy. Oliver était en pantacourt. Il n’est pas sexy. ERREUR. Oliver, il te fait péter ta culotte en trente secondes meuf, plus vite que du cognac de Transnistrie.

D’abord sa voix. Je ne sais pas toi, mais moi, une voix peut me retourner le cerveau et me faire oublier/pardonner n’importe quoi. Et tu l’as entendu, la voix de notre ami Oliver déboite sa race. Je suis pratiquement certaine que le mec te dit "tu peux me passer du PQ steupl", tu jouis sur place. Note : il chante comme il parle dans la vraie vie : preuve.

Ensuite, sur scène, tu ne vois que lui. Tout porte à croire que ce type a en lui une sorte d’énergie surnaturelle, un peu comme si tout le champ magnétique de Lost s’était retrouvé dans le corps d’un mec d’1m85 (c’est mon estimation personnelle). Oliver, il est aussi fort que Kaa, en moins flippant.

Là, tu prépares ton argument foireux : "pfff, tu le trouves chaud patate parce qu’il a une guitare dans les mains".
FAUX. C’est une basse. (Et c’est bien connu, tous les bassistes sont sexy).
VRAI. Il n’aurait pas eu sa basse dans les mains, je n’aurais sûrement pas pu voir comme il en jouait. Et s’il caresse les filles aussi bien que sa basse (voir photo en noir et blanc ci-dessus + vidéo), je conseille à n’importe quelle meuf d’aller se jeter sans hésiter dans ses bras et de lui arracher au plus vite son pantacourt.

Oliver, do me.

lundi 5 octobre 2009

Lady, don't fall backwards

La cohérence, c’est ce qui me fait défaut en ce moment. Alors quitte à être dans le chaos total, autant y aller franchement et écrire un énième post bordélique, multi-sujets (?) et complètement désordonné.

Angoisse + stress au boulot + RIP mon chien + oublier de manger + moins de 5h de sommeil par nuit + grosse murge = ?
Réponse a : youpi
Réponse b : AESD
Réponse c : dos bloqué
réponse d : Obi Wan Kenobi

T’as deviné ? Banco, dos bloqué. Franchement, t’es balèze. Six jours au lit en mode Robocop. Pas très étonnant au demeurant vu la semaine que je venais de passer (voir plus haut) et ma condition d’anxieuse catégorie Gold (ulcère à l’estomac à quatre ans, qui dit mieux ?), mais toujours aussi pénible. Intolérable même. Je crois que je préfère choper la peste plutôt que d’être incapable de tenir ma tête droite et d’avoir l’intégralité du corps qui grince. Pas faim, pas sommeil, du vomi, une boule dans la gorge de la taille d’un bébé chat, des sueurs froides et des crises d’angoisse terribles, que du bonheur.

Heureusement, Dieu existe et il est ostéopathe dans le 13ème. Jean-Bertrand (je ne révèlerai pas le nom de mon sauveur) est une sorte de génie. Un héros de la nation même. Alors ok, la séance équivaut à peu près au montant du PIB du Zimbabwe, elle exige de consentir à se retrouver en culotte moche dans les bras poilus d’un mec qui te retourne dans tous les sens dans des positions assez pornos, mais ça en vaut la peine. D’abord parce que c’est la seul personne du corps médical à avoir réussi à me soulager. Ensuite, parce que j’ai ri toutes les larmes de mon corps. J’ai pleuré en rigolant, ou rigolé en pleurant peu importe, et ça aussi ça fait du bien. J’aurais dix ans de plus, je l’épouserais cash – avant de l’envoyer chez l’esthéticienne.

Si être clouée au lit m’a permis de découvrir Dexter huit mille ans après tout le monde (à quel point trouver un serial killer roux est inquiétant ?), ça m’a surtout empêcher de profiter de Nora avant qu’elle me quitte pour un caribou. J’ai quand même réussi à m’extirper du lit pour l’accompagner à l’aéroport et, sans faire dans le sentimentalisme débile, bah c’était pas très facile de la voir partir à l’embarquement. Un an sans voir sa tête de petit écureuil (pardonnes moi Nora, je ne sais pas d’où me vient cette comparaison), sans l’entendre s’esclaffer de rire (à voir une fois dans sa vie) et sans parler avec elle douze heures d’affilées sans s’en rendre compte, ça va être difficile. Heureusement, les avions existent et j’ai un travail rappelle toi : Montréal, je débarque dès que j’ai des vacances…

… ce qui ne risque pas d’arriver avant l’été prochain, ahem. Le travail, un joli concept. T’aimes ça toi ? Moi, ouais. Sauf que le destin m’a donné pour "collaborateur" un relou de dix ans de plus que moi qui se prend pour mon père, commente mes heures de boulot, me dit que "ça tombe vraiment mal" quand je suis malade, me tient à l’écart de mon propre projet, prend tous les gens qui travaillent avec nous pour ses larbins et va même jusqu’à se permettre des réflexions sur ce que je mange ("ah ben on se fait plaisir à ce que je vois" au moment où je croque dans une tartelette aux framboises). Un mot de plus et je pense que je lui refais son sourire Freedent de vendeur de vent à coups de siège de bureau. C’est mon premier "vrai" boulot, certes, je ne prétends pas savoir comment gérer une équipe, mais je suis sûre que ce n’est certainement pas comme il le fait lui.

Ca te dit un gros pâté pour finir ? Ouais ? Cool, ça m’arrange, mes pâtes sont presque cuites, faut que j’y aille : mon ostéo (béni soit son nom de baptême) m’a conseillé d’aller voir un psy, je lui ai répondu que j’avais déjà un blog ; Adam Green est une vaste blague mais je l'aime bien quand même ; je viens de me mettre à lire les Millénium, je ne dors plus depuis ; mon futur petit chien se cache dans cette vidéo ; je crois que j’ai un problème d’attirance sexuelle pour les cuisiniers en ce moment ; s’il te plaît la religion, tu peux laisser les amoureux tranquilles et te contenter d’être la base de tous les scénarios d’Indiana Jones à la place ? ; papa + moi + Tanzanie = soon, promis.

dimanche 13 septembre 2009

The dog days are over



Madame, Monsieur,

Je me permets de t’écrire pour te soumettre une idée : pourrais-tu éventuellement arrêter de faire mourir tout ce qui m’entoure ? Je veux bien comprendre que tu as des comptes à rendre à ton boss, des quotas et un agenda à respecter, mais ça devient vraiment lourd là. Je commence à croire que tu as séché tes cours de formation BEP Gestion du Monde et que, depuis l’année dernière, tu tournes le même bouton sur ta console par peur de faire une connerie. Le problème, Madame, Monsieur, c’est que ce bouton, c’est moi, et je trouve particulièrement injuste que ce soit toujours à mon tour de prendre des coups de tomawak sur la tronche. Va créer des fleurs et des arcs-en-ciel au lieu de t’acharner sur nous.

Bien cordialement,

Loïs

samedi 29 août 2009

Spider's Web

Hé salut, ça va toi ? Ouais, je sais, j’ai un peu déserté ces derniers temps, mais tu comprends, j’étais au bureau. Je ne vous l’ai pas dit mais j’ai effectivement un bureau à moi, une agrafeuse et un paquet de post-it roses depuis fin juin. Un travail à temps plein quoi, où je n’ai plus à me demander combien je vais gagner d’un mois à l’autre et à accepter tout et n’importe quoi pour pouvoir m’acheter à bouffer et payer mon loyer. Le début de la mémèrisation, certes, mais aussi le début d’une nouvelle ère où je peux aujourd’hui affirmer que je suis indépendante, ayé. Youpi de joie.

J’étais donc au travail, oui, mais aussi en vacances, faut pas déconner. Un voyage magnifique et incroyable, magnificroyable en somme. J’ai hésité longuement à poster ici l’intégralité de mon carnet de voyage (92 pages) mais, en plus d’avoir la flemme (et pas le temps) de le retranscrire, je me vois difficilement livrer ses pensées là sur L’Internet. Je peux vous raconter mes histoires de cul, mais pas mes vacances les enfants. Ni le sentiment que j’ai ressenti en vivant Hakuna Matata pour de vrai pendant deux semaines. Ni celui de voir devant moi des éléphants sauvages entrer dans la réception du lodge où je dormais. Ni même celui que j’ai eu en prenant Simba – oui, le petit lion juste en dessous là – dans MES BRAS. T’es dégoûté ? Quinze jours seulement, et une impression tenace de ne pas être né sur le bon continent, dans le bon pays, c’est étrange. Et puis, le retour dégueulasse à Hype Town et sa ribambelle de faces de cons surlookés. Dur. Tellement dur que j’en ai pleuré, tentant désespérément d’aller rejoindre ma valise là où elle était restée.

Un retour difficile donc, mais aussi l’occasion de retrouver les joies de la loose SNCF. Après le mec qui se jette sous les roues de mon train et la vache qui broute tranquille sur les rails, c’est cette fois-ci un arbre suicidaire qui s’est littéralement lancé à travers la voie. Bilan : une heure de retard pour cause de déplacement complexe de tronc d’arbre, puis quatre heures d’attente pour cause de locomotive HS, belle perf. Un voyage de sept heures durant lequel j’aurais finalement eu le temps de faire l’aller retour complet. Et d’aller à Rock en Seine.

Parce que oui, j’ai passé la journée à hésiter. A peser le pour et le contre : "J’y vais ? Non, j’y vais pas. Ouais mais quand même, ce serait cool d’y aller". J’ai fini par choisir la voie de la raison et par partir à la gare. Et j’ai donc passé la soirée à me bouffer les doigts en me disant qu’à l’heure qu’il était (23h30), j’aurais pu être en train de chanter Wonderwall en tenant amicalement les mains de mes voisins de concert dans un grand élan de communion plutôt que perdue quelque part au beau milieu de la pampa. Goldenlol de diamant puisqu’au même moment, les frères Gallagher – que je n’apprécie pas plus que ça – se mettaient sur la gueule en coulisses et décidaient de se séparer (pour la cinquante-huitième fois). La même année que la reformation de Blur, personnellement, je trouve ça très drôle. Mes prémonitions marchent plutôt pas mal en ce moment – j’en avais rêvé la veille – et la SCNF va gentiment me rembourser mon billet de train, ce qui est une petite victoire personnelle sur le cycle de mini-loose dans lequel je suis enfermée depuis quelques semaines.

Pour finir, en vrac : j’ai-cru-que-j’avais-la-grippe-A-mais-en-fait-non ; je viens officiellement d’entrer en guerre contre les cafards ; les gens sont très violents dans le métro (ou plutôt, le métro rend les gens très violents) ; True Blood est la meilleure série du monde après Buffy ; l’album de The XX est entré cash pistache dans mon top 10 de l’année, ainsi que celui de Jamie T ; vas-y-Nora-déconne-pas-t’en-vas-pas ; avoir ses règles en plein milieu du désert parce British Airways a perdu ma valise quelque part entre l’Europe et l’Afrique et que ma pilule était dedans, c’est chiant ; perdre aussi sa valise au retour, c’est chiant, mais ça devient finalement comique ; faire des bulles de savon, c’est vraiment cool ; mon chien est guéri ; "hé, l’année prochaine, on va où ? Chili, Nouvelle-Zélande ou Afrique du Sud ?" ; "dis, tu peux fermer la porte de la hutte ? ah ben y’a pas de porte…" ; Sébastien Courivaud est plutôt bien conservé ; avant, quand je déjeunais avec mon père, je me plaignais qu’il passe le repas à lire le journal, maintenant, quand je vais boire des coups avec des copines, je les regarde checker leurs mails ; j’ai des voisins Australiens, y’a bon ; "Amarula, Amarula, Amarula-rula-rula".

samedi 8 août 2009

Hakuna matata



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