mardi 30 décembre 2008

What became of the likely lads

Selon toute vraisemblance, le sexe n’est pas quelque chose de simple. Je croyais qu’il était possible de baiser sans histoire, d’en rigoler et de ne pas tomber dans des considérations pathétiques interminables. GRANDE NAÏVE. Je suis perplexe. Apparemment, le sexe, c’est pas toujours marrant. La faute à Messieurs Ego et Amour Propre. Ces deux là contrôlent à peu près tout. Même la baise.

Selon toute vraisemblance, on peut coucher avec quelqu’un sans savoir pourquoi. Je croyais que quand on baisait, on avait quand même quelque chose derrière la tête : d’un coup de foudre à un coup de tête, on couche toujours pour une raison. Mieux, JE couche toujours pour une raison. Apparemment, il est tout à fait cohérant et normal de coucher avec quelqu’un SANS RAISON. Ok.

Selon toute vraisemblance, les mecs ne fonctionnent pas comme les filles. Je croyais qu’un rêve d’égalité homme/femme devant la baise n’était pas impossible, voire même envisageable. HINHIN. Non. Une femme ne PEUT PAS baiser comme ça pif pouf allez salut. Un mec ne peut pas comprendre que, même si aucun sentiments ne sont en jeu, une fille peut attendre un minimum de considération après une partie de jambe en l’air, une certaine connivence qui ne veut pas forcément dire "épouses-moi".

Selon toute vraisemblance, des mecs réels de la vie réelle peuvent sortir des phrases comme "le problème c’est pas toi, c'est moi". Je croyais que ce genre de tirades grotesques n’existait que dans les films ou les séries télé dramatico-pleurnichardes. BAH NAN. C’est encore dans les cordes de certains, et ma foi, c’est plutôt drôle. LOL

Selon toute vraisemblance, le tact n’est pas une qualité équitablement répandue. Je croyais que c’était une histoire de bon sens, qu’il existait une sorte de charte que tout le monde tentait au moins de respecter ("on ne sort pas avec l’ex d’un pote", "on ne pécho pas quelqu’un devant son ex qu’on vient de téj’ à part si c’est un(e) connard/asse"…). UN TRUC INNE. Et bien une fois de plus, je m’étais trompée. La délicatesse, c’est comme les bonnes affaires chez H&M pendant les soldes, plus on (en) attend, moins y’en a.

Selon toute vraisemblance, lutter toute sa vie pour ne pas être mêlée à des histoires débiles dignes de Beverly Hills conduit inévitablement à en faire directement partie. Je croyais que plus on s’éloignait de ce genre de blabla inutile, plus on avait de chance de ne jamais y être soumis. Raté. J’attends que ça pète. ON VA BIEN RIGOLER

dimanche 28 décembre 2008

mardi 16 décembre 2008

Too drunk to fuck

Coucher bourrée est quelque chose de très particulier. Par bourrée, j’entends gentiment pétée, pas ivre morte, pas "où suis-je/qui es-tu/pourquoi j’ai plus de culotte ?". Non, ça, c’est idiot, ça ne sert à rien - à part oublier peut-être qu’on a pécho le pire type de la soirée, mais ça, c’est un autre problème. Le but du sexe en soi, c’est quand même de passer un bon moment, alors tant qu’à faire, autant se rappeler qu’on en a passé un (de bon moment).

Coucher bourrée, c’est un peu le truc qu’on découvre par hasard, genre "ah tiens". Moi, j’ai commencé sur un malentendu, après une sombre histoire de portefeuille volé (ceci n’expliquant pas cela). Ce fût un fiasco. La pire nuit de ma vie je pense. Pas parce que j’étais trop saoule, juste parce que le mec en question n'était vraiment pas doué, et surtout, too drunk to fuck. Le lendemain matin, je me suis réveillé et j’ai réalisé :
1) qu’en fait, j’avais un copain
2) que l’alcool et le sexe ensemble, c’était mal

Puis je me suis ravisée. J’ai changé d’avis. J’ai compris que même si coucher bourrée n’était pas la meilleure invention du siècle, bah, ce n’était pas la pire non plus. Comment ? En couchant (bourrée) avec un autre (bourré aussi). J’ai réalisé qu’en fait, ça pouvait être plutôt marrant de baiser pétée : pas de malaise, pas de complexe, pas de bafouillages inutiles, et surtout, une évidente propension à faire/dire des trucs qu’on aurait jamais fait/osé faire en temps normal (le propre de l’alcool en somme). J’ai recouché plein de fois avec ce type. Toujours bourrée. Lui aussi. On baisait, on se marrait, et après, ben après, on prenait une Aspirine le matin ET VOILA.

Si coucher bourrée permet rarement d’atteindre l’orgasme, cela permet au moins d’éviter tout un tas de désagréments. Et puis surtout, on rigole beaucoup plus. On se retrouve à faire des choses inavouables en face d’une école de bonnes sœurs, on part en courant acheter des préso sans culotte parce que c’est quand même drôlement plus marrant, on tombe du lit à plusieurs reprises… mais tout ça reste d’une légèreté inexplicable. Un truc qui casserait l’ambiance en temps normal devient, avec l’alcool, le truc le plus fun du monde. PAS GRAVE.

Coucher bourrée, c’est aussi ne pas trop se soucier de ce qui va se passer le lendemain. Et ça, mine de rien, c’est un sacré soulagement. Non seulement on peut mettre beaucoup de choses sur le compte de l’alcool ("t’as couché avec ce type ? nan mais j’étais bourrée tu vois… "), mais en plus, on ne se pose aucune question : là où une meuf sobre va commencer, avant même de s’endormir, à se demander ce que veut le mec, ce qu’elle veut elle, est-ce qu’ils vont se revoir, est-ce qu’ils doivent se revoir, est-ce que c’était bien etc…, une meuf bourrée, elle, n’aura pas le temps de réfléchir à tout ça puisqu’elle sera déjà endormie depuis belle lurette (oui, je suis pour la réhabilitation de l’expression "belle lurette"). Les lendemains matin post-péchotage pétée sont toujours moins dramatiques. On fait des blagues, on traînasse et puis on se fait la bise, SALUT.
Trop fatiguée pour penser. Mais pas trop bourrée pour baiser.

mardi 9 décembre 2008

Black dress

Difficile de revenir après ça donc soyons léger. Aujourd’hui, je suis allée faire un tour en ville. J’aime bien dire "en ville" parce qu’ici, personne ne le dit. Ici, la ville est plus ou moins partout, alors dire qu’on va en ville ne rime pas vraiment à grand-chose. BREF. Après un rendez-vous près des Halles, je n’ai pas pu résister à l’appel de la fringue, et ai donc atterri, sans m’en rendre compte presque, chez ce bon vieux H&M. Il faut savoir qu’il y a deux semaines, à Madrid (ça c’est juste histoire de placer que j’étais en Espagne), j’ai essayé une robe magnifique dans ce magasin. Problème : la robe était trop petite (non, je ne rentre définitivement pas dans du 34) et il n’y avait bien entendu plus ma taille – un classique. TRAUMA.

En arrivant chez H&M cet après-midi, je n’avais donc qu’une idée en tête : retrouver LA robe, l’essayer à la va-vite, et repartir avec. VITE, TRES VITE.

A peine entrée dans le magasin, je me retrouve déjà devant la cabine d’essayage avec douze cintres dans les mains. NORMAL. Je pousse la porte, pose mes robes, pantalons et manteaux divers et variés sur un tabouret et me déshabille. Et là, le choc : depuis combien de temps je ne me suis pas vu toute nue dans une glace ? Depuis la dernière fois que je suis rentrée chez ma mère je pense puisqu’ici, je n’ai pas de glace assez grande dans ma salle de bain. Des grandes glaces, dans les cabines d’essayages d’H&M, il n’y a que ça. Genre, beaucoup. PARTOUT. Sous la lumière crue des néons, on peut se voir sous tous les angles et sous toutes les coutures. De dos, de face, de trois-quarts, de profil… Impossible d’y couper, de ne pas s’observer, de ne pas passer en revue ce qui va (par ce qui va, j’entends PASSABLE) et ce qui ne va pas (par ce qui ne va pas, j’entends CATA THERMO NUCLEAIRE).

Constatations :


1) Je n’ai pas uniquement maigri dans mon imagination. Non, j’ai vraiment maigri. Pas beaucoup, hein, mais ça se voit quoi. Finalement, les enterrements ont du bon. Travailler et courir partout aussi.

2) Ah tiens, j’ai moins mauvaise mine que prévu, coolos. En même temps, ça doit être la lumière. Ouais c’est sûrement ça.

3) Mes jambes paraissent plus longues et plus fines que je le croyais dans ces miroirs. Ils doivent être amincissants.

4) C’est fou le nombre de grains de beauté que j’ai. Je suis sûre que j’en ai des nouveaux. DERMATO

5) C’est quoi ce pli très disgracieux sous mes fesses ? Ah, il disparaît quand je me redresse on dirait… Ah non… Ahem…

6) Depuis quand j’ai un bleu sur le gros orteil ?

7) Cette fois-ci, impossible de le nier : mon sein droit est définitivement plus gros que le gauche. Et si j’avais une tumeur ? Non, il est juste plus gros. Ouais mais ça pourrait être un début de tumeur ? Peut-être. Ouais. Non. J’l’aurais senti. Ou pas. Nan, mais il est plus gros que l’autre, c’est comme ça, toutes les meufs ont un sein plus gros que l’autre. Hein ? Hein ? Mouais. Putain, c’est moche quand même. Je vais remonter la bretelle de mon soutif pour que ça se voit moins. Peut-être que je pourrais commander une réduction mammaire d’un seul sein à Noël ? J’vais faire ça, ouais.

Je suis ressortie de la cabine après plus d’une demi heure d’essayage de robes magnifiques mais importables en public. Malheureusement, je n’ai pas trouvé celle que je cherchais. Par contre, je me suis trouvé plein de nouveaux complexes. MERCI H&M.

I could be dreaming