lundi 9 mars 2009

Loser

Depuis mon installation à Paris, j’ai réussi à éviter deux écueils :
- Aller au Baron/au Régine
- Me faire refouler du Baron/du Régine
Pourtant, samedi dernier, dans un élan d’euphorie inexplicable, ma copine Nora et moi avons décidé qu’il était grand temps de tenter l’expérience, juste une fois. L’idée : aller au Régine pour l’aftershow du défilé Jeremy Scott où devait se trouver dieu Kanye West (et plein d'alcool gratos).

Dans ma ville d'origine, seules trois choses peuvent vous empêcher de rentrer en boîte :
1. Être une bande de 43 gars
2. Être complètement bourré
3. Être une bande de 43 gars complètement bourrés

A Paris, c’est différent. Et c’est d’ailleurs ce soir-là que j’ai une nouvelle fois compris pourquoi le reste de la France (dont moi) pense (à raison) que les Parisiens sont des gros snobs : habillée comme il se doit – talons, robe qui tue et vingt mètres de jambes -, je me suis faite refoulée du Régine comme on refuse un flyer à un concert d’un geste de la main. Première excuse : "Vous êtes quatre, ce n’est pas possible". Séparées de nos compagnons de fortune (c’est fou ce qu’un physio peut vous pousser à faire – PARDON LES GARCONS), Nora et moi avons donc retenté le truc. Si le problème initial était d’être trop nombreux – quatre donc -, alors une fois seules, nous devions logiquement entrer. ET BIEN NON. "Je ne peux pas revenir sur le passé, je vous ai dit non une fois, je ne veux pas revenir en arrière" nous dit le monsieur. "Allez viens, on se casse" me dit Nora. Joli échec.


Par envie de revanche, nous tentons cette fois-ci le Baron. Là, un type habillé comme s’il revenait des années 60 fait la loi. Du haut de ses marches, il lance des "toi au milieu là, ouais, mais pas les autres", obligeant le dit élu à choisir entre rentrer dans le sacro-saint club et abandonner ses potes sur le trottoir (chose que beaucoup d'entre eux font d'ailleurs), ou refuser sa nomination et repartir la tête basse (mais le cœur pur) avec eux. Après avoir poireauté au bas mot trois-quarts d’heure, le physio s’approche de nous, et nous dit "ça ne sert à rien d’attendre, je ne vous ferai pas rentrer". Stupeur. "Je ne vous connais pas". Effectivement, tu ne nous connais pas. En même temps, si tu ne nous fais pas rentrer une première fois sans nous connaître, comment veux-tu nous connaître pour nous faire rentrer les fois suivantes. Ce manque de logique me dépasse. Et surtout, comme peut-il croire une seconde qu’on va gober son explication tordue ? La vérité : on n’est pas assez bonnes, pas assez minces et pas assez Américaines. Je savais que j’aurais dû naître à New-York et faire du 34.

Un peu dépitées, un peu hilares, nous rebroussons finalement chemin pour rentrer chez nous. Un taxi s’arrête : "Vous allez où ?". Après lui avoir dit notre destination, le chauffeur acquiesce, démarre en trombe, puis se casse, nous laissant toutes les deux au milieu de la route les bras ballants, la bouche ouverte comme le loup de Tex Avery.

Ça s’appelle une soirée de la loose.


(A noter que le lendemain, j'ai finalement vu Kanye West, et, j'ai été invitée au Régine - soirée à laquelle je ne suis pas allée par pur snobisme de snobs. EHOUAIS)

18 commentaires:

M'dame Jo a dit…

Je pensais que c'était comme ça que dans les films.

Xavier a dit…

Bon, je ne peux dire pour Le Baron ou Régine (je ne suis allé au dernier qu'une fois, et n'aie pas eu envie d'y retourner - bon, c'était il y a 10 ans et quelques). Quant au Baron, je n'y suis jamais allé, il n'existait pas à l'époque (moi 32 ans ; OUI, VIEUX).

Par contre, je peux proposer une solution pour le taxi. Le coup de dire sa destination au taxi pour qu'il puisse estimer le potentiel de trouvaille de clients sur-place afin de revenir aux endroits chauds-bouillants, c'est un classique : j'habite en proche banlieue Ouest (non, pas Levallois, après le Seine, voaallà), et combien d'heures ai-je pu passer, après une soirée parisienne ou une fête de la musique, au hasard, à haranguer les taxis qui me répondaient que non, ça va pas être possible (comme un videur de boite, en fait, sauf que le physio prend aussi en compte la destination).

L'astuce suprême, c'est de héler le taxi, ouvrir la porte, "bonsoir", s'installer, "quelle chance on a de vous avoir trouvé", et LA enfin donner la destination. En effet, légalement, ils n'ont pas le droit de refouler un client qui s'est déjà installé. Enfin je crois. Le fait est que depuis que je connais ça, plus jamais je n'ai eu à attendre 5 voire 15 taxis (ou le premier métro) pour rentrer chez moi.

A soubrette dans un tender, coucou.

djubib a dit…

Didonc je suis bien contente que Sskizo m'ai envoyée ici, ça faisait longtemps que j'avais pas trouvé un "blog de fille" si chouette, tu as une nouvelle abonnée ;-)
(j'ai adoré le post asshole!!)

gazi a dit…

Essayer de rentrer au Baron ou chez Régine sans liste et sans connaître le videur avant 3h du matin relève vraiment de la mission impossible.

TOUT BON PARISIEN SAIT CA, hihi.

Ou alors, il faut mentir éhontément au videur en lui faisant comprendre que c'est un scandale qu'il ne te reconnaisse pas et qu'il ne te laisse pas rentrer. Quitte à te rouler par terre en pleurant.

Si seulement les choses étaient simples.

ludomatic a dit…

hé c'est super ici, merci Nora...

Loïs a dit…

oulala, que des nouveaux, plein de commentaires, youpi. bienvenue à tous en tout cas

@ m'dame jo : moi aussi je croyais effectivement. une terrible erreur de provinciale je crois ;)

@ xavier : je retiens l'astuce. ce problème là ne m'était jamais arrivé avant, mais je ne suis pas habituée à prendre des taxis dans le 8e, ça doit être pour ça

@gazi : à partir du moment où les larmes ne marchent pas sur un contrôleur de la SNCF, j'ai bien peur qu'elles ne fonctionnent pas non plus sur un physio... et puis, j'aime bien garder une certaine dignité dans l'adversité

@djubib & ludomatic : MERCI, il faut toujours écouter Nora

Archie a dit…

J'aime bien la remarque métaphysique du premier videur: "Je ne peux pas revenir sur le passé".
Certainement un disciple de Jean-Claude Vandamme.

Larouquine a dit…

Wah! Ca doit faire 6 mois que j'ai pas écris de commentaire sur un blog. Mais grâce à Nora je découvre le tien qui me plait bien, l'écriture, le ton, les anecdotes, un peu tout. Bonne continuation à toi!

Ah,et désolée d'être hors sujet par rapport au post

Loïs a dit…

@ archie : j'ai bien aimé aussi. c'était magnifique cette façon subtile de se rattraper aux branches

@larouquine : mercibienvenueinstallestoionestbienici

Anonyme a dit…

haha merci pour ce billet drolatique (je ne sais pas si c'est français mais je maintiens).
bon le baron je sais pas je n'y suis jamais allé mais le régine n'est pas une boite hyper select : sans connaitre le videur/jean nipon (personne quoi ...), sans être sur liste, avec un tshirt star wars, sans être un mannequin suédois gaulé comme apollon, je suis rentré sans problème ces derniers mois(bon en même temps cétait pas l'after show jeremy scott)

MisterJ a dit…

l'after Jeremy Scott j'y étais, je suis rentré avec une invit après 20min d'attente vu l'attroupement dehors, c'était pas open bar et que des hypeux péteux ridicules...en gros bien naze pourtant l'after de la saison précédente a l'Elysée Montmartre était énorme avec Katy Perry, Uffie, Pedro Winter etc. je pense que c'est le Regine qui veut ça

Pitseleh a dit…

De mon côté j'espère que je conserverai toujours le microgramme de sobriété nécessaire pour m'éviter de terminer une soirée au Baron ou dans n'importe quel endroit pourvu d'un physio à amadouer... Croisons les doigts, jusqu'ici j'ai pu y échapper.

Et bonjour au fait (oui, quand je découvre un blog que j'apprécie je prends la lecture par le début)

Loïs a dit…

tu t'es tapé le blog DEPUIS LE DÉBUT? grand malade
bienvenue, fais comme chez toi, y'a de la place dans le canap et des bières dans le frigo

Pitseleh a dit…

Cheers!
Et non tout de même, je n'ai pas encore tout remonté. Mais toutes ces notes ont agréablement rempli ce dimanche-glandouillage, pour un peu j'aurais l'impression d'avoir fait quelque chose de la journée avant la sortie pintes.

Loïs a dit…

tu veux dire que tu as l'impression d'avoir vécu 4 années de lose en un seul dimanche? ça va? tu le vis comment?

another a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pitseleh a dit…

(zut, mauvais login. try again)

Oh je n'ai pas été trop dépaysé, la lose urbaine a un côté universel. Bref je m'y suis pas mal retrouvé - sauf pour le stérilet évidemment, et visiblement j'ai raté quelque chose.

Loïs a dit…

tu peux toujours essayer mais ça risque d'être très douloureux