dimanche 7 juin 2009

Brother sport

On continue sur la FNAC puisqu’en sortant du magasin hier, j’ai voulu envoyé un texto à mon frère pour le prévenir que j’avais fait livrer des fleurs à maman pour la Fête des Mères. Sauf que… JE N’AI PAS DE FRERE. Ni de sœur, de demi-sœur ou de demi-frère d’ailleurs. Acte manqué ? Profonde désorientation ? Graves troubles psychologiques ?

Ce n’est pas la première fois que je songe à ce qu’aurait pu changer le fait d’avoir un frère ou une sœur. J’y ai pensé à maintes reprises, me disant que j’aurais certainement eu plus le sens de la famille, fait des choses différentes, appris à partager mes affaires, et connu le sentiment d’avoir quelqu’un qui partage les mêmes parents que moi et le même sang (les cousins ne comptent pas). C’est vrai que vous, enfin ceux qui ont des frères et sœurs, vous ne vous êtes sûrement jamais demandé ce que c’est le lien fraternel, vous le savez déjà, inconsciemment. Moi, je ne saurai jamais, même si je pense en avoir une vague idée avec mes amies d’enfance. Bref, tout ça pour dire que j’ai déjà pensé à tout cela, évidemment, mais je n’avais encore jamais eu de reflex pareil, ressenti cet espèce de vide de ne pas avoir de frère ou de sœur. C’est ce vide qui s’est littéralement jeté sur moi à la sortie du métro Montparnasse.

J’ai beaucoup discuté de ça avec ma mère il y a quelques mois après la disparition de sa mère (je préfère parler de disparition, c’est plus facile). Elle me disait que ce qu’elle vivait le moins bien, en dehors de la maladie de ma grand-mère, c’était le fait d’être seule face à tout cela, chose à laquelle je répondais invariablement "mais je suis là moi". Elle avait beau me dire que ce n’était pas pareil, je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Et je crois que l'autre jour j’ai compris ce qu’elle tentait de m’expliquer : je suis seule face à mes parents pour toutes les jolies choses – anniversaires (essayez de faire un cadeau commun à un), fêtes des mères/pères -, et pour les moins jolies – divorces, déceptions diverses et variées, licenciements. Mais surtout, je serai seule face à la mort de mes deux parents (qui, si le mec responsable du calendrier des morts n’est pas sans cœur ou trop con, n’arrivera pas le même jour espérons). D’ici là, j’aurai peut-être moi-même des enfants, j’aurai mes amis, le reste de ma famille aussi, mais je serai la seule à réellement vivre cette mort, à la ressentir. Personne avec qui partager mon chagrin, évoquer des souvenirs d’enfance, se rappeler. C’est décidé, je ferai au moins deux gosses.

3 commentaires:

g00gleur a dit…

Je suis frère d'une fille de 5 ans de moins que moi, enfin...on peut tout affronter à deux (et on a (et aura) pas mal de trucs à affronter dans notre famille); mais ca m'a pas empeché de me prendre une grande baffe dans la gueule ! Maintenant plus que jamais, j'aime ma mère

Anonyme a dit…

Lois, je suis ton frère !

Dark Vador

Loïs a dit…

je le savais!
ma mère m'a caché ton existence parce que tu es passé du côté obscur

loïs skywalker