Hier soir, j’ai pris la pire cuite de ma vie. Je ne sais pas vraiment comment tout ça s’est déroulé, je n’ai pas l’impression d’avoir bu tant que ça, j’avais mangé avant, mais j’ai fini très amochée, titubant dans les rues sans savoir où aller. Le pire dans l’histoire, c’est que je me souviens de tout, absolument tout. J’ai juste l’impression que le temps est passé beaucoup plus vite que d’habitude. Et j’ai eu très peur.a) L’erreur de la fuite
Quand j’ai compris que j’avais un peu trop forcé sur la vodka, que j’allais éventuellement vomir au milieu de la pièce et m’effondrer dans un coin, j’ai eu la présence d’esprit de me dire qu’il fallait que j’aille me coucher. Or, l’erreur ultime quand on est dans l’état dans lequel j’étais hier soir (incapable de mettre un pied devant l’autre sans chanceler et de concentrer mon regard sur quelque chose sans le voir double), c’est de partir seule sans rien dire. Gros fail puisqu’en sortant, il m’était tout simplement impossible de savoir si les taxis étaient occupés ou libres, ni même d’être sûre que c’était bien des taxis.
b) L’amabilité des chauffeurs de taxis parisiens
Déjà l’autre fois, quand je suis rentrée passablement bourrée chez moi, j’ai été scandalisée de voir que des taxis libres en fin de service préféraient me laisser seule au bord de la route plutôt que de faire un détour pour me ramener saine et sauve chez moi. C’est ce qu’il s’est de nouveau passé hier. A force d’agiter le bras, un taxi s’est arrêté. Je lui dis ma destination (je serai bien montée direct si la porte n'avait pas été verrouillé), il me répond que ce n’est pas sur son chemin. Je crois bien l’avoir supplié de me prendre, mais il s’est barré comme un gros connard. Taxi : 1, Loïs : 0.
c) Les mecs, ces enculés de ta race
Il faut savoir qu’à cette fête, il y avait Candidat n°1. Après un chouette retour dans l’après-midi ("hey, j’espère que tu viens ce soir"), je m’attendais à ce qu’il y ait du péchotage. Pas qu’il essaie de m’embarquer avec son pote pour un plan à trois hyper glauque. Le mec a, dans l’ordre :
- voulu me filer les clés de son scooter pour que je rentre chez moi, très malin quand on sait que je ne tenais debout que par un miracle encore inexpliqué
- voulu me filer les clés de son scooter pour que je rentre chez lui, je cite, "chauffer le lit" en attendant qu’il arrive
Je ne parle même pas des propositions dégueulasses de son pote qui essayait de m’expliquer que j’allais forcément me faire violer si je restais là toute seule, et que par conséquent, il valait mieux que je rentre avec eux. Pour me faire violer aussi.
Comme je l’ai dit plus haut, j’étais très mal, mais j’avais une parfaite conscience de ce qu’il se passait et les ai donc envoyé se faire foutre. Je leur ai quand même demandé, un peu désespérée (froid + faim + fatigue), de me mettre dans un taxi pour rentrer chez moi, ils se sont barrés en me laissant au milieu de nulle part. Grosse classe.
d) Voir flou, un handicap sous-estimé
J’ai donc marché, sans savoir où j’allais. Puis, prise de panique ("je n’arriverai jamais à rentrer chez moi, je vais m’effondrer sur le trottoir où une bande de maffieux ukrainiens va me récupérer pour me faire entrer dans un réseau de prostitution d’Europe de l’Est"), j’ai voulu appeler mon coloc du cœur pour qu’il vienne m’aider. Sauf que je ne voyais rien sur mon portable. Ni les numéros, ni les noms. J’ai tapoté un peu au hasard, puis réussi, par un second miracle inexpliqué, à l’appeler sur son portable (éteint), puis chez nous (pas de réponse). Il a finalement rappelé – le fixe qui sonne à X heures du mat (incapable de lire l’heure), ce n’est jamais bon signe – puis m’a expliqué qu’il sautait dans un taxi pour venir me chercher. C’est là que le deuxième problème s’est présenté : impossible de lire les panneaux des rues pour lui dire où j’étais. Comme un gamin de CP, j’ai déchiffré lettre par lettre les mots, plus ou moins deviné les noms ("Rue de la Louve, ah non, rue du Louvre") et fini, à force de persuasion, par triompher. Troisième miracle inexpliqué.
e)Les pâtes au pesto et un lit, le bonheur absolu
Mon coloc, je l’ai déjà dit, c’est le meilleur coloc du monde. Parce qu’en plus d’être venu me chercher sans hésiter ni râler à 4h du mat (maintenant, je le sais, puisqu’il m’a raconté), il m’a fait boire de l’eau et manger en arrivant, puis s’est assuré que j’arrivais à me coucher sans problème. Je pense m’être endormie en 12 secondes environ, pour me réveiller 5 heures plus tard, sans gueule de bois – y’avait du GHB à cette fête ou bien ? – honteuse et encore terrifiée.
Plus jamais ça
7 commentaires:
de sacrés enfoirés tes "copains"
ça va ouais. j'espère ne jamais les revoir là
Y'a des coups de lattes dans les parties qui se perdent.
L'absence de gueule de bois est un petit miracle, mais qui tient surtout au fait que tu colloc t'ait fait boire beaucoup d'eau & bouffer avant que tu ne te couches.
Ou alors c'est lui qui t'a filé du GHB et qui t'a violée, tout en se faisant passer pour un mec bien en venant te chercher. Dans ce cas là, sa stratégie est mortelle.
Les pâtes au parmesan et flambées à la vodka, ça le fait aussi.
Beaucoup de chance d'être arrivé à rentrer, sympas les "potes"...
pourquoi pas:)
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