Je crois que je suis obligée de réagir à ceci : non The Light of Life (on dirait le nom d’un mouvement raëlien), je n’ai pas su le garder, je l’ai largué – remarquez à quel point ces mots sont proches. Mon tout premier largage si on ne compte pas celui de mon ex maléfique qui l’avait bien cherché. Une rupture face à face (en hommage à toutes les fois où je me suis fait téj par téléphone), calme et claire je crois, où j’ai tenté d’expliquer pourquoi (en hommage à tous les "je sais pas" que j’ai entendu). J’ai eu une boule dans ventre toute la journée, parce que, mine de rien, c’est assez stressant de se dire qu’on va peut-être faire de la peine à quelqu’un – je n’avais jamais eu conscience de ça. Et puis toutes mes ruptures qui me sont passées devant les yeux quand j’ai entendu sortir de ma bouche les mêmes mots qui sortaient en général de celle de mes futurs-ex-petits copains. L’angoisse.L’angoisse, mais aussi la "fierté" (je le mets entre guillemets quand même) d’avoir fait un truc qui suit à la lettre un principe que Môman m’a inculqué très tôt et que je tente de transmettre invariablement à tous mes amis qui pensent qu’il vaut mieux se pendre que de ne pas avoir de mec/meuf : on ne reste pas avec quelqu’un juste pour ne pas être seule (variante classique, mais toujours efficace, de mamie Paulette : "mieux vaut être seule que mal accompagnée"). J’ai l’impression d’avoir grandi d’un coup en respectant cette idée relativement floue puisque jamais réellement appliquée, même si c’est moins facile que de rester bêtement avec la personne tout en sachant que ça ne mènera à rien. Même si avoir des câlins et des bisous parfois, c’est cool. Je ne vais pas me la jouer "femme libérée", n’exagérons rien, mais j’aurais probablement été incapable de le faire rien que l’année dernière. Bienvenue dans le monde des grands donc.
Je me suis aussi rendu compte d’une chose : ce que j’avais dit il y a plus d'un an est vrai. C’est la pure vérité : je n’ai pas besoin de copain, je ne suis pas prête à en avoir un. Mes amis, mon travail et mes soirées de glande devant l’Ile de la Tentation Made in America passent avant le fait d’avoir un mec. Une petite voix me disait que c’était peut-être, dans le fond, et malgré ce que je soutenais, une bonne excuse pour justifier mon célibat tenace. Je peux aujourd’hui réaffirmer que non, je n’ai pas besoin de mec là maintenant (ce qui ne veut pas dire jamais). Je n’ai pas le temps d’avoir un copain. Je n’ai aucune envie de faire des efforts ou des concessions pour m’adapter à quelqu’un. Je refuse de changer ma vie telle qu’elle est en ce moment – cette vie que ce cher Blogspot, je viens de le découvrir en ajoutant un nuage de tags à mon blog, résume en quelques mots bien choisis "amour, arbres, assedic, bonheur, chapeau, city, clope, dodo, ex, feu, futur, haha, islande, mcdo, mamie, merlin, métro, pasta, pécho, salope, sang, sourire, taxi, vent, vodka". Je le ferai peut-être plus tard, naturellement, je ne sais pas. Mais là, pas question, ça me coûte plus que ça ne me réjouit. Et puis j’avais perdu mes rêves.
Je suis peut-être (je dois en être à mon 26ème "peut-être", c’est inquiétant) une sorte de Benjamin, l’un des héros de Bienvenue au club et du Cercle fermé de Jonathan Coe. Ce genre de personne qui, à force de chercher l'introuvable et de rêver sa vie, ne la vivra jamais et finira misérablement enfermée dans une existence nulle, avec un boulot nul et un mec nul. Oui, peut-être (27ème), mais pour l’instant, je pense en avoir vraiment besoin. Mes rêves, ceux qui me font avancer, ceux qui font ce que je suis, et ceux qui m’écartent de la réalité pour mieux y revenir, sont indispensables à ma vie actuelle. Ils ont d'ailleurs refait leur apparition le soir même où je l’ai quitté. C’est triste, mais je suis soulagée.
