mardi 2 août 2011

I'm Sorry We Lied

C'est tombé comme un couperet (comme un coup de bambou serait plus approprié mais je sais que seule Titiou saura se rappeler de la référence) : "on en est au même point qu'il y a trois ans". Oui, au même point, c'est-à-dire celui de la semi-loose, du semi-pathétique, du semi-n'importe quoi sentimental et des soirées entières passées à parler, à reparler, à se demander où est-ce qu'on foire, comment on se sent ("bien mais pas top quand même mais ça va j'ai pas pleuré depuis deux heures"), pourquoi on n'est pas cette meuf trop pénible là qui réussit tout ce qu'elle entreprend mais dix ans avant nous et à rire aussi (parce que le rire, c'est cathartique hein).

Oui, on en est au même point qu'il y a trois ans et franchement, quand on pense que la seule meuf de notre entourage bientôt mariée est celle sur qui on avait le moins parié, on se pose des questions sur ce qui ne tourne pas rond dans nos têtes, dans la vie en général et dans l'univers tout entier par la même occasion - parce qu'il y a forcément un truc qui cloche à ce niveau, une sorte de canular cosmique je pense (gros bisous Jonathan Coe). Je ne dis pas qu'on rêve d'être mariée-deux-enfants-un-prêt-à-12%-sur-le-dos mais quand même, on a toujours un peu peur de finir seules mortes dans la cuisine bouffées par nos chats (en vrai, j'ai pas de chat).

Pourquoi on se tape des caisses de mecs tout en choisissant de tomber amoureuses du déjà-pris, du gros bâtard, du perdu-dans-la-vie, du mino qui habite encore chez ses parents ou du fou (ça, c'est ma petite spécialité) ? Ouais, pourquoi je tombe toujours sur tous les mecs les plus jetés de la ville, ces types marteaux qui prennent mon numéro dans des Go Sport et renvoient des textos chelous dix ans après, ces saloperies qui me collent du GHB dans mon verre avant de me laisser crever sur le trottoir, ces putes d'avocats qui baisent comme des dieux mais disparaissent d'un coup avant de me bombarder de "hey." à 4 heures du matin un lundi ? Pourquoi est-ce que le vieux chauffeur de taxi essaie de me pécho alors que, prévoyante, j'ai changé ma bague de doigt pour lui faire croire que j'étais mariée (ne tomber que sur des fous vous prédispose à utiliser certaines techniques de sioux) et pourquoi le seul que j'ai vraiment envie de voir est à l'autre bout de la terre probablement en train de boire des cocktails de lait de coco sur les seins d'une meuf née en 1993 ?

Je suis retombée sur ma boîte à journaux intimes et lettres d'amour récemment (Evil Ex = 17564379 lettres et poèmes vs. Le Gentil = 5 lettres) et après avoir relue la prose de mes ex et mes textes déchirants d'ado incomprise (textes qui m'auront notamment rappelés que j'ai perdu ma virginité un 24 novembre, eh oui), il semblerait que rien n'ait franchement changé en fait, à part que je nique beaucoup plus dieu merci, que je n'écris plus de choses absurdes comme "Machin m'a brisé le coeur, je ne tomberai plus jamais amoureuse" et que j'ai arrêté de recopier les textos de mes mecs depuis 1999.

Les histoires se répètent, les choses et les contextes évoluent un peu bien sûr, mais le fond reste le même : où est-ce que ça déconne chez moi ? Chez nous ? Pas chez les mecs hein, on s'en fout un peu en fait puisqu'apparemment, le problème c'est plutôt qu'on n'est pas douées pour en trouver des biens (j'en profite pour lancer un appel au CNRS, à l'institut Pasteur, voire même à la NASA pour très rapidement mettre au point cette connerie de technique d'autoreproduction). Où est ce putain de grain de sable qui fait qu'à un moment donné, ça glisse, ça s'enraye, ça craque et que trois ans après, on se retrouve attablées dans un resto à bouffer pour dix, boire de l'eau plate en carafe, parler des tableaux de Matisse et des chansons d'Elliott Smith et à se dire qu'on en est "au même point qu'il y a trois ans" ? Eh ben j'en sais foutrement rien mais au moins, on a bien mangé.

10 commentaires:

Iouno a dit…

Parce qu'on continue à croire que filer le parfait amour, ce n'est pas ce qu'il nous faut. Parce que si, au final, on ne souffre plus du tout, alors ça ne sert plus à rien, tout ça. C'est pour ça, qu'à un moment donné, on finit toujours par glisser le grain de sable pour pouvoir se dire : "je le savais bien, que le bonheur ne me rendrait pas heureuse".

Anonyme a dit…

Juste une remarque pour dire que j'aime beaucoup la façon dont tu écris.
Je suis tombé sur ce blog par hasard et je ne dis pas grand chose mais je lis tout.

Et juste...l'amour frappe quand on s'y attend le moins non ?

LaRenarde a dit…

Loïs, Titiou...Je vous ai compris!

Preneuse de l'adresse du bon resto,
toujours ça de gagné!

LaRenarde a dit…

enfin...compris-es, pour le coup, mais bon...

Rom a dit…

http://30.media.tumblr.com/tumblr_lmfnygdtKD1qe2p3xo1_500.jpg

Antoine a dit…

Mon dieu que c'est beau

Loïs a dit…

@ Iouno ou louno, je sais pas très bien : phrase finale = génie

@ la renarde : que dal, je te file pas notre resto, c'est tout ce qui nous reste héhé

@ rom : lol de feu

aux autres : merci

Anonyme a dit…

Mon dieu...une amie vient de me transférer le lien vers ton site et je ne sais pas si j'opte plus pour le côté "roo putain c'est génial on est toutes EXACTEMENT dans la même merde" (solidarité féminine qui remonte le moral, en mode Sex and the City quoi) ou alors pour le "franchement je pense qu'il n'y a plus d'espoir". Je me retrouve dans tout ce que tu racontes et je pense pouvoir bien remplacer chaque description de mec par l'un des ex ou plan foireux actuel... Vu que je viens de découvrir le blog, j'ai encore bcp de découvertes à faire qui je l'espère seront aussi excellentes que cet article.
Vraiment, c'est tellement fou, tu décris parfaitement nos situations.

Jadore en fait ! :-) Très très bon article

encoreunblogdepetasse a dit…

Est ce qu'on tombe dans les clichés du "c est quand on s'y attend le moins...." "peut etre qu'on ne regarde pas au bon "endroit"" "il est sous ton nez le gentil mais tu préfères le bad boy, rapport au père"... Enfin mon père est tout sauf un bad boy, mes ex ont souvent été des connards même de là à croire que je les transformais, et effectivement quand on s'y attend pas il arrive des trucs qui ne sont ni de MST ni des emmerdes... Mouais. Peut être parce qu'à envisager le pire on n'est jamais déçu comme disaient les Monthy Python.

Un jour on m'a dit "sans malheur tu n'appécies pas le bonheur". J'ai répondu "Connasse" et j'ai passé mon chemin.

Marche ou rêve a dit…

Vous ne pouvez pas en être au moins point qu'il y a trois ans.Vous avez en plus, vieilli de trois années.