Et si on se foutait dans une situation merdique et qu'on attendait de voir à quel moment on pète un fusible ? Et si on se bourrait la gueule toute seule un mercredi soir en pyjama en mangeant des chips ? Et si on se retrouvait à ne plus du tout savoir ce qui va se passer dans deux jours ? À même ne plus vouloir savoir ce qui va se passer dans deux jours ? Et si cet été était tout pourri de sa race de pute de merde ?
Je ne dis pas que je gère hyper bien ma vie le reste de l'année, mais quand même, cet été a une propension à me faire péter une pile assez impressionnante. La faute à qui ? À ce type. Ce "oh mon dieu mec génial qui a un job de con qui fait que je ne vais jamais le voir". Ce "gars complètement dépressif mais tellement sexy que la terre entière veut niquer mais c'est pas grave moi il va m'aimer". Ce garçon qui m'a assez retournée la tête pour me faire dire que oui, peut-être, après cinq ans, j'allais éventuellement à un moment donné, si l'alignement de Mercure avec Saturne le veut bien, retomber amoureuse. Oh pute, je le suis même déjà hein on dirait - jetez-moi des clous, j'écris comme si je rentrais en 3eC avec Madame Girard comme prof principale. Et pourtant, ouais, mon petit cœur de glace s'est fracturé devant ce mec et il s'est mis à faire des petits bonds comme j'avais oublié qu'il pouvait en faire. Et depuis, je vrille (et je pleure devant des cuisinières vitrocéramiques à Darty donc).
D'abord, j'ai cru que c'était mon côté maman qui parlait, parce que oui, je suis une sale foutue maman tigre pour mes potes sans même qu'ils le demandent. C'est comme ça, je ne peux pas m'empêcher de materner le monde entier – et oui, je sais, c'est relou et je devrais consulter. Bref, j'ai donc cru à une grosse manifestation d'instinct de protection parce que lui, pauvre petite chose jetée aux lions, en avait grand besoin. Et puis rapidement, je me suis rendue compte que non : j'avais envie qu'il me protège. De quoi, je ne sais pas très bien, parce que je n'ai pas eu le besoin de jouer les fleurs fragiles depuis deux mille ans environ, mais j'avais juste envie que ce type, oui ce "oh mon dieu mec génial qui a un job de con qui fait que je ne vais jamais le voir" (etc., voir plus haut) me prenne dans ses bras et que mon cerveau s'arrête deux secondes.
Il l'a fait. Mon cerveau s'est en effet arrêté et franchement, c'était reposant. Mon coeur s'est réveillé lui, il a battu très fort chaque fois qu'on s'est vu, qu'on s'est embrassé. Et puis, ben, on ne s'est plus revu depuis à cause de circonstances indépendantes de notre volonté.
Évidemment, j'ai enclenché le mécanisme d'autodéfense numéro 62, celui qui fait (suivez, ça va pas être simple) que :
1. j'ai l'impression de donner des signaux très clairs au dit mec pour lui faire comprendre que je veux bien l'épouser là-maintenant
2. le dit mec reçoit des signaux totalement brouillés voire contraires à mon intention de base parce que je suis une grosse quiche et qu'en fait, je suis la meuf la moins claire de la terre
3. le mec ne réagissant pas ou réagissant bizarrement à mes non-signaux, je me convaincs que j'en ai déjà fait beaucoup trop, que je suis hyper lourde et qu'en vrai, il ne veut pas de moi et que je suis une imbécile doublée du sosie du fils d'Alien et de Sauvez Willy
4. je rétropédale et je deviens cheloue
5. le mec me prend pour une cinglos et/ou ne comprend plus ce que je veux
6. je fuis, honteuse
7. je me sors le mec de la tête le plus rapidement possible, un peu comme quand les types de Men in Black font le coup du crayon-laser aux témoins qui en savent trop ou en ont trop vu
8. je ne le revois plus jamais si possible ou passe en mode pote hé-salut-ça-va-attends-on-m'appelle-là-bas-très-loin
Sauf que là, j'ai réagis à temps (ou plutôt mes potes m'ont dit "tu fais encore de la merde") et je suis bien décidée à ne pas reproduire la même chose pour la 253e fois. Facile à dire puisque je n'ai aucune idée de comment faire autrement et qu'il faut bien l'avouer : plus que la peur de souffrir, que cette histoire se finisse mal parce que tous les éléments sont réunis pour que ce soit très compliqué, que ça ne fonctionne pas (question : peut-on avoir peur qu'une histoire finisse mal quand elle n'a même pas encore commencée ?), j'ai la trouille de perdre le contrôle et surtout, de me perdre dans quelqu'un d'autre. D'où un reflex incontrôlable de défense et d'autoconviction que non, ce garçon n'est pas pour moi, que c'est une très mauvaise idée, que "mais si regarde, dans deux ans il est chauve" et que vivre seule pendant le restant de mes jours est peut-être le truc le plus censé qu'il y a à faire.
Oui mais voilà, il me plaît, beaucoup. Trop. Et quitte à être convaincue que je vais dans le mur, je me dis que cette fois, faudrait peut-être y aller vraiment, prendre le risque de mettre un coup de tête dans la brique pour voir si ça fait encore mal ou si je passe à travers. Prendre le risque de ne pas ressortir tout à fait pareille de l'autre côté et de lâcher cette putain de laisse de con que je me suis auto-mise autour du cou pour m'empêcher de prendre des risques justement.
Je vais le revoir bientôt. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire, de ce qu'il faut faire, mais je vais le faire parce que je ne peux pas passer le reste de ma vie à attendre que les circonstances décident pour moi (et aussi parce que Yoda a dit "Do, or do not. There is no try" hein). Ça sera peut-être le début d'un chouette truc. Le début d'un truc ingérable. Le début d'une histoire qui va me briser le coeur ou me le ranimer. Au moins, ce sera le début. Au pire, ce sera une vraie fin.
5 commentaires:
Oooh, le mécanisme d'autodéfense numéro 62, je le connais très bien celui-là... en fait ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule tarée de ce genre en ce bas-monde... Bon courage meuf !
merci houille, solidarité tout ça
J'espère que tu as réussi à faire de ton été un lumineux navire(qui vogue sur les eaux de l'amouuuur).
Tout mon soutien, je sais à quel point c'est dur de faire passer les bons signaux.
Pareil comme houille, on s'sent moins seul. L'envie de se sortir les doigts du cul est contagieuse, du coup. Cimer !
Salut !
On se connait pas, certes, mais ça fait 2jours que je lis tes articles et je dois dire que celui-la...je l'ai déja entendu.
J'ai beaucoup de mes copines qui se retournent le cerveau de la même manière que tu le fais.
Et je me permets de t'écrire juste pour te dire ce que je leur réponds face a toutes leurs tortures mentales.
C'est parce que c'est surement pas le bon. L'amour et la relation dans laquelle il t'emmène, ne se réfléchis pas par définition. L'amour c'est la passion et l'irraison, si tu te poses trop de questions et que tu sais pas quoi ou comment faire, c'est que c'est pas la peine. Parce que quand tu rencontre un gars qui devient LE gars, ça se fait tout seul et en moins de temps qu'il en faut pour le dire tu diras "Nous" ...
Je me suis reconnue dans ton article parce qu'il me rappelle une relation chaotique que j'ai eu il y a 2ans...après, je veux bien, tu t'en rends pas compte quand t'es en plein dedans ou quand t'as rien d'autres sous la main. Vivre un truc, même s'il est tordu ce truc ben c'est le vivre quand même. L'amour et le sexe se vivent, passer son temps a les ressasser ben c'est moins de temps passer a le faire.
Et quant aux signaux a faire comprendre aux mecs, ça ne sert vraiment a rien, un mec, (a moins qu'il laisse parler son coté féminin au taquet ou que ce soit un vrai spirituel) faut lui dire les choses clairement. C'est peine perdue que de croire qu'ils peuvent capter nos signaux, on parle pas la même langue. Et ce qui est cool, c'est que quand le mec est gentil et qu'on lui parle avec des mots qu'il comprend et ben il écoute et parfois, si t'es tombé sur un vrai mignon-doux ben il essaiera même de changer des trucs pour faire mieux... mais après il faut être tombée sur le bon...
J'arrête de polluer ton temps, surtout que je ne sais pas ou tu en es avec ce bonhomme maintenant ..mais je continuerai a te lire.
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