lundi 19 décembre 2011

32 of december

J'ai passé une soirée improbable loin de Paris. J'ai bu mon poids en champagne. J'ai bu mon poids en whisky. J'aime pas le whisky. J'ai regretté d'avoir bu du whisky. J'ai fumé un paquet et demi de clopes. J'ai fumé dans le bar. J'ai fumé dans sa chambre d'hôtel. On a refait le monde jusqu'à six heures du matin. Il a dit qu'il faudrait que les gens retrouvent leur instinct animal. J'ai dit que j'étais plutôt d'accord. Il m'a demandé ce que je voulais être quand je serai plus grande. J'ai répondu "un guépard". Il a eu l'air assez satisfait et on a commandé des sandwichs en écoutant de la musique très fort au casque. Je suis partie en courant jusqu'à mon hôtel. Le lit était trois fois plus grand que le mien. Je ne l'ai même pas testé parce que je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai sauté dans le train. J'ai failli vomir dans le train. Je me suis rappelée que j'avais bu du whisky. J'ai regretté d'avoir bu du whisky.

J'ai pris ce premier train. Un RER. Un métro. Un autre métro. La même chose mais dans l'autre sens. J'ai pris un deuxième train. J'ai pas composté mon billet. J'ai pas été contrôlée alors je me suis dit que j'avais bien fait de ne pas composter mon billet. J'ai dormi tout le début du voyage. Le type à côté de moi avait très mauvaise haleine. Je me suis dit qu'il devait se dire que moi aussi j'avais très mauvaise haleine. J'avais effectivement très mauvaise haleine. J'ai regretté de ne pas m'être lavé les dents. J'ai regretté d'avoir bu du whisky. J'ai inspiré par la bouche et expiré par le nez pendant le reste du voyage. J'ai fumé une clope entre deux wagons. J'ai lu quelques pages de
De l'origine des espèces de Darwin mais j'ai rien compris. J'ai relu quelques pages de De l'origine des espèces de Darwin mais j'ai toujours rien compris. J'ai décidé que je lirai De l'origine des espèces de Darwin quand j'aurai dessoulé.

Je suis descendue du train. J'ai pris une douche. Je me suis changée. Je me suis rechangée. Je me suis changée une troisième fois. J'ai remis la robe du début. Je suis allée à un concert avec Bonnard 1er. Je me suis dit que pour venir à un concert en tête-à-tête et en public avec moi, Bonnard 1er avait sûrement plaqué sa meuf. Bonnard 1er m'a dit qu'il avait plaqué sa meuf. Le concert était bien mais pas top. C'est con parce que d'habitude, c'est plus top que pas bien. Bonnard 1er s'est mis à boire. Bonnard 1er a toujours besoin d'être saoul en société. Je me suis dit que Bonnard 1er était un peu névrosé. Je suis quand même rentrée avec Bonnard 1er. Bonnard 1er a eu une panne. Bonnard 1er s'est excusé. J'ai dit à Bonnard 1er que c'était pas grave. J'ai pensé que c'était un peu grave mais que je m'en foutais puisque j'avais déjà joui. Bonnard 1er s'est endormi. Je me suis endormie dans les bras de Bonnard 1er. Bonnard 1er s'est levé deux heures plus tard pour aller à une réunion de travail. Bonnard 1er m'a laissée dormir. Bonnard 1er m'a laissé les clés. Bonnard 1er m'a laissé un petit mot mignon avec un schéma pour mettre les clés dans la boîte aux lettres et des paroles de chanson du groupe du concert de la veille. Bonnard 1er avait des anxiolytiques plein sa salle de bain. Je me suis dit que Bonnard 1er était vraiment névrosé. Je me suis dit que je ne pourrais jamais plus sortir avec un mec névrosé. Je me suis dit que je ne sortirai jamais avec Bonnard 1er. L'Australien m'a envoyé un texto pour me demander quand est-ce que je rentrais.

Je suis rentrée. J'ai dit à l'Australien que j'étais rentrée. Il m'a dit qu'il était content que je sois rentrée. On s'est rejoint dans un bar. Je n'étais pas allée dans ce bar depuis un milliard d'années. Il a pris une pinte. J'ai pris une pinte. Il m'a dit que le week-end dernier, il s'était battu dans ce bar. Il m'a dit qu'il aimait bien manger des bons trucs. Il m'a dit qu'il adorait surfer. Il m'a dit qu'il aimait le soleil et qu'il faisait trop froid en France. Il m'a dit qu'il aimait bien boire de la bière et regarder
South Park. J'ai pensé que l'Australien était vraiment un mec de base. J'ai regardé ses bras. J'ai regardé son torse. J'ai pensé que l'Australien était un mec de base hyper musclé. J'ai constaté qu'on n'avait pas grand chose à se dire. J'ai pensé que ce n'était pas très grave vu la nature de notre relation. J'ai parlé de l'Australie pour qu'il se sente à l'aise. Il a parlé de bouffe pour que je me sente mal à l'aise. J'ai dit que j'étais hyper difficile. Il a dit que sa dernière copine n'aimait rien mais qu'après deux mois passés avec lui, elle mangeait de tout. J'ai pensé qu'on ne s'était peut-être pas bien compris sur la nature de notre relation. Il m'a proposé d'aller boire un dernier verre chez lui. Sept minutes plus tard, j'étais à poil dans sa chambre. J'ai pensé que finalement, on s'était très bien compris sur la nature de notre relation.

L'Australien m'a dit qu'il aurait bien aimé passé la journée au lit avec moi. Je me suis dit que j'avais une écharde dans le pied et que je me blessais à chaque fois que je venais chez lui. Il m'a dit que j'étais maladroite. Je lui ai dit que c'était son foutu plancher. J'ai noté qu'il y avait environ huit jeans, six t-shirt, trois pulls et vingt-quatre paires de chaussettes sales par terre dans son appartement. J'ai noté qu'il y avait une bouteille de whisky sur la table de nuit. J'ai noté que dans sa salle de bain, il n'y avait qu'une brosse à dent et du déo. J'ai dit qu'il fallait que j'aille travailler. Il a enfilé son jean sans mettre de caleçon. Je lui ai demandé s'il ne mettait jamais de caleçon. Il a eu l'air étonné et il a répondu que non. J'ai pensé que l'Australien était vraiment un mec de base hyper musclé mais que j'aimais bien. Je lui ai demandé du dentifrice. Il a re-eu l'air étonné. J'ai dit que s'il n'avait pas de dentifrice, il y avait de grandes chances pour qu'on ne se revoit jamais. Il a sorti un tube de dentifrice. J'étais soulagée. J'ai enfilé ma robe. J'ai dit "
see you soon". J'ai fait une belle walk of shame devant ses voisins qui commencent à prendre l'habitude de me voir. J'ai acheté des croissants et du pain. Je suis rentrée chez moi. Je ne suis pas allée travailler.

J'ai répondu au quarante-huitième mail de Copain Potentiel. J'ai rencontré Copain Potentiel il y a quelques semaines, on a passé une nuit entière à parler ensemble, mais on ne s'est pas revu depuis parce qu'il habite dans un autre pays. J'avais juré que je ne sortirais plus avec quelqu'un qui habite un autre pays. Je rêve de sortir avec Copain Potentiel. Copain Potentiel et moi nous envoyons des mails en forme de lettre. Copain Potentiel signe ses lettres par "Yours truly" ou "Yours sincerely". Je trouve ça joli. Copain Potentiel trouve ça joli. Je trouve Copain Potentiel très joli. J'ai écrit une vraie lettre à Copain Potentiel. J'ai fait un brouillon avant pour ne pas faire de rature. J'ai recopier mon brouillon. J'ai fait des ratures. J'ai décoré l'enveloppe avec une petite carte de l'Europe et un petit avion qui la traverse pour lui montrer comment ma lettre était arrivée jusqu'à lui. Dans peu de temps, je prendrais le même avion pour aller le voir et voir si c'est vraiment un copain potentiel.

J'ai skypé avec Copine d'Enfance n°3. Elle m'a dit qu'elle n'aimait pas bien cette fin d'année. J'ai dit que j'aimais bien la fin de la mienne. Copine d'Enfance n°4 s'est connectée. Copine d'Enfance n°4 habite à l'autre bout du monde maintenant alors Copine d'Enfance n°3 a suggéré de prendre de ses nouvelles. Copine d'Enfance n°3 a cherché s'il y avait une option pour faire une conférence téléphonique. Copine d'Enfance n°3 a trouvé l'option pour faire une conférence téléphonique. Copines d'Enfance n°3 et n°4 et moi avons débuté une conférence téléphonique. Copine d'Enfance n°2 est arrivée. La conférence téléphonique est devenue un grand rassemblement de Copines d'Enfance. On a ri. On a encore ri. On a ri de nouveau. Copine d'Enfance n°2 a constaté qu'elle menait une vie amoureuse sans queue ni tête comme celle que Copine d'Enfance n°4 menait avant de partir pour l'autre bout du monde. Copine d'Enfance n°2 a suggéré que c'était sûrement une inversion de karma ou un échange de mojo, un peu comme dans les téléfilms de M6. Copine d'Enfance n°4 a rétorqué que c'était plutôt une inversion due à son passage dans l'hémisphère Sud. Copines d'Enfance n°2 et n°3 et moi-même avons acquiescé. Copines d'Enfance n°2, 3 et 4 et moi nous sommes rappelées qu'à treize ans, on rêvait d'avoir un appareil à conférence téléphonique. Copines d'Enfance n°2, 3 et 4 et moi avons remercié Skype de réaliser ce rêve des années plus tard.

J'ai repris le train. Je me suis arrêtée sur le chemin pour aller voir mon ancien babysitter. J'ai passé la soirée chez lui. Je me suis rappelée qu'il était vraiment très beau quand il me gardait. Je l'ai regardé et je me suis dit qu'il était toujours très beau. Il m'a parlé de ses deux enfants et de son divorce. Je me suis dit qu'il avait huit ans de plus que moi. On a bu. On a mangé. On a bu de nouveau. On a rigolé. Son pote était une sorte d'encyclopédie du cinéma. J'ai dit que j'étais nulle en cinéma. On a bu du cognac. On a fumé dans le bar. On a fumé chez lui parce que les enfants n'étaient pas là. Je me suis dit que Babysitter était devenu un chouette type. Je me suis rappelée qu'en fait, il avait toujours été un chouette type puisqu'il me supportait quand j'avais douze ans. Il m'a dit qu'il était heureux avec peu de choses. Il s'est excusé du peu d'activité de sa ville. Je lui ai rappelé que j'avais passé toute ma vie dans une ville encore plus petite. Je lui ai dit que s'il me traitait de Parisienne, je lui péterais les dents. On a écouté de la musique cool. On a écouté de la musique moins cool. On est allé se coucher. On a rigolé en se voyant en vieux pyjama pourri le lendemain matin. On a bu quatre cafés. On est allé faire un tour de la ville. Il s'est encore excusé. J'ai mimé de lui péter les dents. J'ai repris le train. Je me suis dit que je ne comprenais pas bien pourquoi sa femme l'avait quitté. J'ai dit "
tu viens à la maison quand tu veux". Il a dit "ok, début d'année prochaine, promis". J'ai joué aux voitures tout le reste du voyage avec un mioche dans le wagon pour enfant. Le mioche avait l'air content. J'étais très contente.

Je suis allée rejoindre Copine d'Enfance n°1 pour fêter son diplôme. Bonnard 1er a lui aussi rejoint Copine d'Enfance n°1 pour fêter son diplôme et son récent célibat. Copine d'Enfance n°1, Bonnard 1er, moi et nos autres copains sommes allés dans une sorte de boîte de notre ville. On a bu. Je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de boire tout le temps. Je me suis dit que je ne pourrais pas conduire. Bonnard 1er a bu. Bonnard 1er était complètement saoul. Bonnard 1er m'a dit qu'il conduirait. J'ai dit à Bonnard 1er qu'il était aussi apte à conduire que moi à faire du trapèze avec les yeux bandés. Copine d'Enfance n°1 m'a entraînée sur la piste pour danser sur du Beyoncé. Bonnard 1er m'a dit "
hé, tu me fais un bisou ?". J'ai fait un bisou à Bonnard 1er. Un gros relou est venu se coller à moi. J'ai dit à Bonnard 1er "hé, tu me fais un bisou ?". Bonnard 1er m'a fait un bisou. Le gros relou s'est éloigné. Je me suis rappelé que c'était bien pratique d'avoir une sorte de mec quand tu sors. Bonnard 1er m'a fait un câlin. Je me suis dit que j'aimais bien ses câlins.

Bonnard 1er, Copine d'Enfance n°1 et Copine d'Enfance n°7 par alliance (= le mec de Copine d'Enfance n°1) sommes partis. On a commandé un kebab chacun. Il manquait un kebab donc on a recommandé un autre kebab. Copine d'Enfance n°7 par alliance n'avait pas bu. Copine d'Enfance n°7 par alliance a donc pu conduire ma voiture. Bonnard 1er a rappelé qu'il n'avait plus d'appartement puisqu'il était en plein déménagement. Copine d'Enfance n°1 a rappelé qu'elle et Copine d'Enfance n°7 par alliance n'avait plus d'appartement non plus puisqu'ils habitaient chez les parents de Copine d'Enfance n°7 par alliance en attendant que leur maison soit construite. J'ai dit que je n'avais pas de maison ici non plus mais qu'on pouvait tous aller squatter chez ma mère. Copine d'Enfance n°7 par alliance nous a tous ramené presque-chez-moi. Bonnard 1er et moi nous sommes endormi. Bonnard 1er et moi nous sommes réveillés pour niquer. Bonnard 1er et moi nous sommes rendormis.

Ma mère m'a dit "
c'est Bonnard 1er qui est là ?". Ma mère a vu Copine d'Enfance n°1 sortir du couloir et n'a pas compris. Ma mère a vu Copine d'Enfance n°7 par alliance sortir du couloir et n'a pas compris. Ma mère a vu Bonnard 1er sortir du couloir et l'a détaillé de haut en bas comme on fait l'état des lieux d'un appartement. Bonnard 1er a flippé sa race parce que Copine d'Enfance n°1 et Copine d'Enfance n°7 par alliance lui avaient fait croire, la veille, que ma mère était une sorte de monstre d'une méchanceté ineffable. Ma mère a dit "installez-vous, il y a des croissants, du pain et du café. Et puis vu vos têtes, je vais aller vous chercher de l'Aspirine aussi". Bonnard 1er a recommencé à respirer. Copine d'Enfance n°1 et Copine d'Enfance n°7 par alliance ont ri. J'ai ri. Ma mère a ri. Bonnard 1er a ri aussi. Le chien n'a pas ri mais on sentait qu'il était heureux.

Bref, j'aime bien le mois de décembre.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Bref, j'adore ton blog.

Acidkiss a dit…

Beaucoup d'hommes dans ta vie en ce mois de décembre.
Trop de choix tue le choix. C'est le risque.
Néanmoins, ne dit-on pas "abondance de biens ne nuit pas" ?
Je n'aurai qu'une chose à dire au final : PROFITE.
La vie est cyclique, le mojo est rentré à la maison mais peu possiblement repartir à vagabonder.
Demain est un autre jour...

(Amicale des clichés, bonjour !)

I.D. a dit…

bref.

Anouchka a dit…

Si je pouvais mettre des cœurs des étoiles et plein de petits "like" sur ce post, je le ferai.
Je ne peux pas, mais le cœur y est.

Anonyme a dit…

J'aimerais bien connaitre la moyenne d'âge de tes lecteurs. Et à par baratiner sur ta vie sexuelle, tu fais quoi dans la vie ?

Anonyme a dit…

Clair qu'on s'eloigne un peu du sujet. Ca devient vraiment du "How I really met the guy who f****d me last night". Dommage.

Loïs a dit…

coucou monsieur anonyme n°2 (je veux bien parier que tu es un monsieur vu ton commentaire gentiment machiste), je ne vois pas bien en quoi je m'éloigne du sujet puisqu'en ce qui me concerne, ma vie sexuelle fait globalement partie de ma vie amoureuse. la prochaine fois, je remplacerai le mot niquer par le mot bisou, promis

Doc Fusion a dit…

Ce mois de décembre est improbable.

John a dit…

Et tu remplaceras le mot bisou par le mot labrador ?

Acidkiss a dit…

Un anonyme qui, le 24 décembre, semble écrire avec un goût de bile dans la bouche ?
Il y en a visiblement pour qui les fêtes ont mal débuté. C'est regrettable à l'évidence.
On pourra toujours arguer du fait qu'on peut s'exprimer librement ici, dans la colonne "commentaires", et y apposer sa vision de ce blog. Je serais plutôt partisan de ne pas lire ce dernier si on le trouve pour une quelconque raison pas en accord avec sa vision des choses plutôt que de coucher des lignes qui refoulent quelque peu l'aigreur de fin d'année ratée.
Alors, oui, je sais c'est démago voire politiquement correct de dire ça. Et certes, cette Loïs là n'a probablement pas besoin d'un Superman pour se défendre. (je précise que le collant bleu me sied mal).
Enfin...

Longue vie à ce blog...j'aime pas, j'adore !
Courage, fuyons !
Acidkiss (plus Clark que Superman)